En Guinée, l’orphelinat de Frédéric risque de manquer de vivres

Frédéric Vanoverberghe se dit inquiet pour l’avenir des enfants dont il s’occupe quotidiennement.

A 40 ans, Frédéric Vanoverberghe a tout plaqué pour partir à plusieurs milliers de kilomètres de Comines. Depuis plus de deux ans, il gère un orphelinat en Guinée-Conakry où les militaires viennent de prendre le pouvoir. Un putsch aux conséquences notables pour sa structure.

Depuis un peu plus de 48 heures, Alpha Condé n’est plus le Président de la République de Guinée. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, les militaires sont provisoirement aux commandes après avoir desti-tué et arrêté le chef de l’État.

À une centaine de kilomètres de Conakry, capitale et centre névralgique du pouvoir, se trouve l’orphelinat de Frédéric Vanoverberghe, un Cominois qui a changé de vie il y a quelques années. Lassé de son quotidien dans notre région, il s’est orienté vers une nouvelle vie «plus simple et basée sur l’échange», expliquait-il peu après son départ. Une vie chamboulée par ce changement de régime.

«Dans les rues, les militaires ont déserté les postes de surveillance, c’est l’anarchie sur les routes, sur-tout dans une région reculée comme la nôtre. Sur la route,des connaissances ont déjà subi des attaques. L’ambassade nous encourage à ne pas quitter les murs de l’orphelinat», relate Frédéric Vanoverberghe. Le Cominois est à la tête d’une structure qui recueille actuellement une trentaine d’orphelins âgés de 2 à 15 ans.

Depuis 24 mois, il se démène pour assurer des conditions décentes à cette communauté. Éducation, santé, repas: il dépend des dons issus de France, de Belgique et d’ailleurs mais aussi du soutien de l’État, qui recon-naît l’utilité de l’orphelinat.


«QUE LA TRANSITION SE PASSE EN DOUCEUR»


Le putsch aura-t-il des conséquences directes sur le quotidien des enfants? «Malheureusement, oui», déplore Frédéric. «Habituellement, on récupère des vivres deux fois par mois sur Conakry et on les rapatrie à l’orphelinat. Étant donné qu’il est fortement déconseillé de s’éloigner du centre pour le moment, ça risque de poser des problèmes de ravitaillement pour le riz et bien d’autres produits alimentaires. Récupérer des repas est un besoin vital!»


En conséquence, la structure baptisée «Les Enfants de Kindia» ne peut compter que sur le système de dons mis en place par le Cominois. Deuxième complication et non des moindres: une partie des dons acheminée dans un container jusqu’en Guinée est bloquée au port de Conakry.

«Il y a des livres pour l’école, des vélos. On comptait beaucoup là-dessus. Peut-être que les changements à la tête du pays vont débloquer la situation, peut-être qu’ils vont l’enliser encore un peu plus. On ne peut rien prévoir malheureusement. Il faut attendre et espérer que la transition se fasse en douceur», estime Frédéric.


Le gérant de l’orphelinat n’a qu’un seul souhait: le retour à une situation plus stable et la fin de ce climat d’insécurité. «En revanche, je suis sûr d’une chose, ils ne vont pas dissoudre l’orphelinat. On ne risque rien et c’est déjà mieux que rien», conclut le Cominois, qui scrute les nouvelles d’heure en heure…

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